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Sous les applaudissements et encouragements de Claudine Ledoux et
de leurs proches, les aventuriers du relais
Charleville-Roche-Marseille-Harar ont pris le départ hier matin
devant le Vieux Moulin de leur entreprise sportivo-poétique.
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Baptisée « Le marcheur essentiel », imaginée par Gilles
Simon, elle consiste donc en une course en relais qui reprend
quelques-uns des chemins de l'homme aux semelles de vent. Un raid poétique, aussi, puisque des lectures jalonneront le
parcours.
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A quelques mn du départ, la traditionnelle
photo de groupe.
© 2004, F.Daras (AC Belair). |
Notre ami Remi Wafflart est du voyage, et immortalisera (avec son
appareil photo) ce défi pas comme les autres. Retour fixé au 30 octobre, avec le soir même, une
soirée-poésie en forme de compte-rendu à 20h30 à l'auditorium
de l'ENMD.
Le « marcheur essentiel » sous le charme éthiopien
L'Ardennais du lundi 1er novembre 2004 - Sandrine Azoulay.
Les coureurs du relais pédestre « Rimbaud 2004, le marcheur
essentiel », sont rentrés d'Éthiopie. Des kilomètres dans les jambes
et des souvenirs pleins la tête. Récit d'un périple pas comme les
autres.
Arthur Rimbaud était un marcheur infatigable. En Ethiopie, il
avait parcouru des kilomètres. Les coureurs du relais pédestre « le
marcheur essentiel » ont suivi le même chemin. Un vrai périple de
près de 600 kilomètres à travers ce pays africain.
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Gilles Simon, Didier Arnould et Rémi
Wafflart, un trio d'aventuriers
accueilli comme des rois sur le sol éthiopien.
« Nous avons pris le
départ dans la capitale Addis Abeba au ministère du tourisme. Le
ministre des sports, le ministre du tourisme et l'ambassadeur de France
nous ont accueillis », raconte Gilles, le poète marathonien.
Sur la ligne de départ, devant les caméras de la télévision locale,
une surprise de taille attend les Ardennais. « Derartu Tulu a couru 500
mètres avec nous. C'était très émouvant de courir auprès d'une
ancienne championne olympique en 2000 et médaillée de bronze à
Athènes. Cette sportive est une star locale dans son pays. Elle a déjà
des avenues qui portent son nom », confie Didier Arnould.
Dans les premiers kilomètres, la pollution contrarie les marathoniens.
Didier se souvient de cette gêne passagère :
« L'atmosphère est
polluée à cause de la circulation frénétique. J'étais très
embêtée car je suis asmathique. Addis Abeba culmine à près de 2.400
mètres. C'était donc très difficile de respirer ».
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Derartu Tulu
Première femme d'Afrique noire championne olympique |
« Le pays aux mille sourires »
A travers la savane ou sur les hauts plateaux verdoyants, ils usent leurs
baskets et surtout font converger les cultures. Comment réagit la
population ? Les Éthiopiens pensent-ils, peut-être, que ces blancs sont
tombés sur la tête. Dans les campagnes, l'accueil est chaleureux. «
Nous étions souvent accompagnés par les enfants. C'est vraiment le pays
aux mille sourires. J'ai pris une photo avec une paysanne. Son sourire
m'a complètement envoûté », explique Gilles encore sous le charme.
Didier retient une anecdote particulière et surprenante : « 3 jeunes filles voilées m'ont couru après. Dans un pays où 50 % de la
population est de confession musulmane, c'est assez étonnant ».
Durant le périple, les trois ambassadeurs ardennais se rendent à Harar
qui projette un jumelage avec Charleville. Objectif de cette destination
: rencontrer des représentants de l'Alliance française.
« Nous nous sommes rendus compte de la perte d'importance de la langue
française. La civilisation anglophone est très présente », remarque
Gilles.
Que restera-t-il de ce voyage ? Un carnet de bord poétique de la femme
poète Juliette Cheriki-Nort, des clichés de Rémi Wafflart et un film
de deux heures.
Gilles Simon portera un regard poétique sur ce périple
éthiopien : « Lorsque Rimbaud est arrivé en Afrique, il a laissé
tomber la poésie pour devenir commerçant et explorateur. Je veux donc
faire ce que Rimbaud n'a pas fait. Ecrire une dizaine de poèmes sur l'Éthiopie ».

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Derartu TULU
Derartu Tulu, qui appartient à l'ethnie des Oromos, passa son
enfance sur les hauts plateaux éthiopiens de l'Arsi, où elle
élevait du bétail. Ce n'est qu'à 16 ans qu'elle se rendit
compte qu'elle courait vite, extraordinairement vite.
© CIO 2004 ; http://www.olympic.org.
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La première femme d'Afrique noire championne olympique
Dans la finale du 10.000m aux Jeux Olympiques de 1992 à Barcelone, la
Sud-Africaine Elana Meyer creusa l'écart dès le sixième kilomètre et
seule Derartu Tulu fut en mesure de suivre la cadence. Elana Meyer tenta
d'obliger l'Ethiopienne à la dépasser, mais celle-ci ne céda pas.
Enfin, juste avant le début du dernier tour, Derartu Tulu prit la tête
de la course pour franchir la ligne d'arrivée avec 30 mètres d'avance.
Elle attendit ensuite Elana Meyer et c'est main dans la main que
les deux femmes - la première athlète d'Afrique noire championne
olympique et une Sud-Africaine blanche - effectuèrent un tour de stade
pour célébrer leur victoire, symbolisant ainsi l'espoir de voir naître
une Afrique nouvelle.
Derartu Tulu participa une nouvelle fois aux Jeux Olympiques en 1996,
mais elle ne se classa que quatrième. Sa carrière était cependant loin
d'être finie. Aux Jeux de Sydney en 2000, elle s'inscrivit une nouvelle
fois dans le 10.000m. Retrouvant la forme qu'elle avait huit ans
auparavant, elle prit la tête de la course dès que la cloche signala le
début du dernier tour et vola vers la victoire devant sa coéquipière
Gete Wami.
Derartu Tulu est la première femme à avoir remporté deux
médailles d'or dans des épreuves olympiques de fond. Aux Jeux
Olympiques d'Athènes en 2004, elle décroche la médaille de bronze au
10.000m (médaille d'or la Chinoise Huina Xing, médaille d'argent sa
compatriote l'éthiopienne Ejegayehu Dibaba).
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